Projet Tanika

Contribuer

Exprim a zot !

66 Posts
6 Utilisateurs
12 Reactions
1,001 Vues
Posts: 1
Admin
Début du sujet
(@antoinezoorit-com)
Inscription: Il y a 10 mois

Vous ne pouviez pas vous déplacer ? La concertation vous permettait de participer directement en ligne pour poser vos questions sur le projet, partager vos remarques et suggestions, réagir aux thématiques proposés.


30
Répondre
65 Réponses
Posts: 1
(@Tofgong)
Inscription: Il y a 1 mois

Bonjour,

Je suis dubitatif face à la campagne de médiatisation du projet et les procédés journalistiques employés parfois (par exemple ici : https://www.linfo.re/la-reunion/societe/projet-tanika-transformer-l-eau-de-mer-en-electricite) consistant, sous couvert de témoignages, à habiller le tout avec des préoccupations écologiques complètement hors sujet puisque l'on utilisera ici de l'eau de mer.

« C’est une bonne idée si cela permet d’économiser l’eau douce sur l’île. Tant que cela ne touche pas à la biodiversité de la zone où sera construit le bassin, c’est une bonne initiative. »

« Avec la sécheresse actuelle, je pense qu’il n’y a pas beaucoup d’autres solutions. Un projet comme celui-ci, c’est une bonne chose. », réagissent des riverains

J'ai par ailleurs quelques interrogations, comment se comportera l'eau de mer qui va se réchauffer dans le gros soleil dans le bassin la journée, et comment le sol des falaises va-t-il supporter cette énorme charge inconstante avec des cycles vide/dévide.

Le principe en soi demeure sinon un bon moyen de lisser des productions d'énergie intermittentes.

Merci.


00
Répondre
1 Réponse
Admin
(@hydro-tanika)
Inscription: Il y a 4 mois

Posts: 30

Bonjour, et merci pour votre message.

La STEP marine fonctionnera effectivement exclusivement avec de l’eau de mer. Son principal intérêt est justement de ne pas exercer de pression supplémentaire sur une ressource en eau douce déjà contrainte à La Réunion.

En revanche, cela ne signifie pas que le projet a pour vocation de lutter contre la sécheresse ou d'économiser l'eau douce. Son objectif premier est le stockage d'énergie : l'eau de mer est pompée vers un bassin en altitude lorsque la production électrique est excédentaire, puis turbinée lors des pics de consommation afin de restituer cette énergie au réseau

Nous poursuivons les études de modélisation des paramètres de l’eau de mer qui sera utilisée par la STEP marine. Les premiers résultats montrent que l’eau de mer sera restituée à l’océan avec les mêmes caractéristiques et à la même température.  En effet, la STEP est prévue pour un fonctionnement quotidien : l’eau n'aura pas le temps de se réchauffer dans le bassin, y compris lors des périodes de très fortes températures. 

Le projet se situe au niveau d’un secteur singulier de la falaise, protégé naturellement par la pointe du Gouffre et n’ayant pas fait l’objet de travaux de minage lors de l’aménagement de la RN1 en pied de falaise. Cette stabilité naturelle est confirmée par les observations de terrain et les reconnaissances géologiques réalisées : le massif de la Pointe du Gouffre, d’origine basaltique, est de bonne qualité, et offre des conditions favorables et sûres pour la construction et l’exploitation de la STEP marine.


00
Répondre
Posts: 1
(@Tibooz 974)
Inscription: Il y a 2 mois

Madame, Monsieur,

Je me permets de vous contacter au sujet de l'onglet de discussion de votre site internet.

À plusieurs reprises, j'ai constaté que mes questions y étaient systématiquement supprimées par le modérateur. Mes interventions respectent pourtant les règles de courtoisie élémentaires et ne contiennent aucune insulte ni propos déplacé.

Pourriez-vous m'indiquer le motif précis de ces suppressions afin que je puisse adapter mes futures publications aux règles de votre espace ?

Dans l'attente de votre retour, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.


00
Répondre
1 Réponse
Admin
(@hydro-tanika)
Inscription: Il y a 4 mois

Posts: 30

Bonjour, les messages sont modérés avant leur publication sur le forum pour garantir la qualité et le bon respect des échanges. Toutes les contributions ont été publiées (à l’exception de messages de tests ou de messages en double). Certains messages peuvent comprendre jusqu’à 20 questions faisant appel à des expertises pluridisciplinaires, nécessitant parfois plusieurs jours pour nous permettre de vous apporter des réponses.


00
Répondre
Posts: 1
(@futhazar)
Inscription: Il y a 2 mois

Contribution de la SREPEN
(Société Réunionnaise pour l’Étude et la Protection de l’Environnement)

1. Rappel du positionnement général

La SREPEN souhaite attirer l’attention sur la nécessité d’inscrire pleinement le projet Tanika dans une approche globale de résilience climatique, de sobriété des usages et de préservation des milieux naturels.

Le projet ne peut être apprécié uniquement au regard de sa faisabilité technique ou de son intérêt énergétique immédiat. Il doit également être analysé au regard des vulnérabilités futures du territoire réunionnais, de l’évolution du système électrique, de la disponibilité de la ressource en eau et des effets attendus du changement climatique sur les milieux naturels.

2. Prise en compte de la TRACC et de la résilience climatique

L’arrêté du 23 janvier 2026 a consacré la Trajectoire de Réchauffement de Référence pour l’Adaptation au Changement Climatique comme référence réglementaire intégrée au Code de l’environnement. À ce titre, toute infrastructure nouvelle doit être appréciée non seulement au regard de sa faisabilité technique actuelle, mais également de sa capacité à demeurer fonctionnelle dans les conditions climatiques futures.

Dans cette perspective, le projet Tanika doit être considéré comme une infrastructure exposée à des aléas appelés à s’intensifier au cours de sa durée de vie : augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements extrêmes, risques de ruissellement, mouvements de terrain, érosion, aléas littoraux et pression accrue sur les ouvrages.

La SREPEN considère donc que la robustesse climatique du projet doit être explicitement démontrée sur l’ensemble de son horizon d’exploitation, et non seulement au regard des conditions initiales de conception. Cette démonstration doit intégrer les scénarios de réchauffement retenus, des marges de sécurité adaptées aux événements extrêmes, ainsi que les effets cumulés des différents aléas.

3. Point de vigilance majeur : cohérence avec l’évolution du système électrique réunionnais

Le principal point de vigilance concerne le risque de décalage entre le développement de l’infrastructure de stockage et l’évolution effective du système électrique réunionnais.

Une sous-utilisation de l’ouvrage pourrait apparaître si les capacités d’injection, les mécanismes de pilotage du réseau et les seuils d’intégration des énergies renouvelables non synchrones n’évoluent pas au même rythme que la mise en service de la STEP.

L’intérêt du projet Tanika est donc fortement conditionné par l’évolution parallèle du cadre d’exploitation du réseau électrique réunionnais. Son évaluation doit intégrer non seulement les performances propres de l’ouvrage, mais également les adaptations indispensables du système énergétique dont il dépend, dans un contexte de changement climatique attendu de +2,9 °C à l’horizon 2100.

4. Prise en compte de la ressource en eau

La SREPEN souhaite également rappeler que la question de l’eau doit être pleinement intégrée à l’analyse du projet.

La période de transition entre la saison cyclonique et la saison hivernale, généralement plus sèche, constitue un moment particulièrement sensible pour la ressource. L’absence de pluies significatives peut limiter le renouvellement des nappes et des cours d’eau, alors même que les besoins demeurent importants.

Les données récentes de suivi de la ressource montrent déjà des situations localement déficitaires, voire très déficitaires, dans certains cours d’eau et nappes. Dans ce contexte, la sobriété des usages doit être rappelée de manière préventive, rapide et lisible pour l’ensemble des publics.

5. Position sur les messages de sobriété

La SREPEN est favorable à un scénario de vigilance généralisée sur l’ensemble de La Réunion, accompagné de messages appelant à la sobriété.

Un message unique à l’échelle de l’île facilite la communication auprès du grand public et permet de replacer les usages individuels dans un contexte territorial plus large. Cette approche est d’autant plus nécessaire que les interconnexions entre réseaux, les grands réseaux agricoles et l’éloignement croissant entre les points de prélèvement et les points de consommation rendent de moins en moins lisible, à l’échelle locale, l’adéquation entre ressources disponibles et besoins.

Toutefois, ces messages de sobriété doivent être complétés par des informations concrètes et opérationnelles : quels canaux d’information seront mobilisés ? Comment les usagers seront-ils avertis en cas de passage à un niveau supérieur d’alerte ? Quelles consignes précises devront-ils appliquer ? Les usagers domestiques, en particulier, semblent encore insuffisamment informés des restrictions ou limitations susceptibles de s’appliquer en période de vigilance, d’alerte ou de crise.

6. Nécessité d’une gestion ciblée pour préserver les milieux

Après cette phase d’information générale, une gestion ciblée par zones restera indispensable afin de préserver les milieux les plus fragilisés.

La préservation des milieux aquatiques constitue une obligation, notamment dans les secteurs déjà identifiés comme déficitaires. Le cadre réglementaire relatif à la gestion et à la préservation de la ressource en eau en période de sécheresse distingue plusieurs niveaux (vigilance, alerte, alerte renforcée et crise) associés à des objectifs progressifs de réduction ou de suspension des prélèvements.

Dans ce cadre, la SREPEN insiste sur la nécessité de ne pas limiter l’analyse aux seuls usages humains de la ressource, mais de prendre également en compte les besoins des milieux naturels, leur état écologique et leur capacité de résilience.

7. Conclusion

En conclusion, la SREPEN demande que le projet Tanika soit apprécié à l’aune de trois exigences indissociables : sa robustesse face au changement climatique, sa cohérence avec l’évolution effective du système énergétique réunionnais et son articulation avec une gestion sobre, préventive et territorialisée de la ressource en eau.

L’adaptation de La Réunion au changement climatique ne peut reposer sur des infrastructures isolées. Elle suppose une planification cohérente, intégrant les usages, les milieux naturels, les ressources disponibles, les vulnérabilités futures du territoire et les exigences de préservation de la biodiversité.


00
Répondre
1 Réponse
Admin
(@hydro-tanika)
Inscription: Il y a 4 mois

Posts: 30

Bonjour, merci pour votre contribution. Comme vous le soulignez, la résilience au changement climatique est un enjeu majeur : à ce titre, Tanika fonctionnera uniquement avec de l’eau de mer, une ressource illimitée, sans impact sur les cours d’eau et les nappes phréatiques. Les effets du changement climatique sur le projet seront bien pris en compte et analysés dans le cadre de l’étude d’impact et du dossier d’autorisation environnementale.


00
Répondre
Posts: 1
 Manu
(@Manu)
Inscription: Il y a 2 mois

Bonjour, 

Merci pour toutes les réponses déjà apportées. Je souhaiterais toutefois revenir sur les éléments économiques, qui me semblent encore insuffisamment documentés au regard des enjeux du projet.

 

Dans cette perspective, quelques ordres de grandeur économiques permettent d’éclairer la comparaison entre solutions de stockage de type STEP marine et à d'autres solutions de stockage (comme les batteries lithium-ion) pour une configuration équivalente (50 MW / 400 MWh). L'investissement de l’ordre de 500 M€, avec une durée de vie pouvant atteindre 60 ans, conduit à un coût initial élevé mais peu de renouvellement des actifs sur la période d’analyse. En ordre de grandeur, le coût complet sur 60 ans se situe légèrement au-dessus du CAPEX initial, en intégrant maintenance et renouvellements ponctuels.

 

À titre de comparaison, un système de batteries lithium-ion de même capacité représente aujourd’hui un investissement initial de l’ordre de 60 à 120 M€, mais avec une durée de vie de 10 à 15 ans, impliquant plusieurs cycles de remplacement sur 60 ans. En coût complet sur la période, l’ordre de grandeur se situe généralement dans une fourchette proche de 400 à 500 M€, selon les hypothèses de prix, de dégradation et de recyclage. Ainsi, si les batteries présentent un avantage net en coût d’investissement initial et en modularité, les deux solutions deviennent d’un ordre de grandeur comparable sur un horizon long, la STEP marine tirant sa compétitivité de sa très longue durée de vie et de la limitation des renouvellements d’actifs. Il me semblerait pertinent de confirmer ou corriger ces ordres de grandeur de première analyse.

 

Vous indiquez qu'il n'est pas pertinent de comparer les technologies de stockage à partir du seul coût d'investissement. Je partage cette analyse. En revanche, cela renforce justement la nécessité de fournir des indicateurs économiques comparatifs adaptés. Ainsi, vous pourriez au moins présenté un coût actualisé du stockage (LCOS), voire une approche en coût complet système ?

Une telle comparaison pourrait intégrer non seulement les coûts d'investissement, d'exploitation, de financement, de recyclage et la durée de vie des installations, mais également les services système rendus au réseau.

En effet, à l'instar des machines tournantes, les systèmes de batteries modernes peuvent contribuer à la stabilité du système électrique grâce à des fonctions de réglage de fréquence, de soutien de tension, de réserve rapide et, selon leur architecture de contrôle, de fonctionnement en mode grid-forming ou de fourniture d’inertie synthétique. Ces services présentent eux aussi une valeur économique qu’il conviendrait d’intégrer dans une comparaison complète des solutions de stockage.

Dans cette perspective, il serait utile de préciser les hypothèses retenues dans les scénarios de dimensionnement et de comparaison, notamment :

  • Les niveaux de surplus de production photovoltaïque considérés (et leur évolution temporelle)
  • Les hypothèses de flexibilité de la demande, en particulier liées à l’électrification des usages (dont la recharge des véhicules électriques)
  • Les hypothèses de développement des autres moyens de flexibilité ou de stockage sur le territoire
  • Et plus généralement la manière dont sont modélisées les contraintes de stabilité du système électrique (inertie, réserve tournante, sécurité de fréquence) dans un contexte de forte pénétration des énergies renouvelables.

Ces éléments conditionnent fortement la valeur relative des différentes solutions et leur contribution effective au système électrique réunionnais. Il permettrait par ailleurs de mettre d'objectiver des coûts liés au traitement des batteries en fin de vie. 

 

La CRE sera naturellement amenée à se prononcer sur la pertinence économique du projet dans le cadre des procédures réglementaires. Néanmoins, dans une logique de concertation publique, il me semblerait important que les citoyens disposent dès à présent d'éléments économiques objectivés et de comparaisons transparentes avec les autres solutions de flexibilité et de stockage disponibles.

 

 

Par ailleurs, je m'interroge sur la prise en compte du retour d'expérience international des STEP utilisant l'eau de mer.

À ce titre, le projet pilote d'Okinawa, première STEP marine au monde, présente des caractéristiques intéressantes pour le projet Tanika. Cette installation de 30 MW, mise en service en 1999 et démantelée en 2016, avait été construite pour un coût d'environ 32 milliards de yens (国頭村の揚水発電所廃止 電源開発、世界初の海水利用施設 沖電への売電交渉不調)

En actualisant ce montant de 1999 à aujourd'hui avec l'inflation japonaise, cela représenterait approximativement entre 350 à 450 M€ en euros actuels selon les hypothèses retenues. Soit un ordre de grandeur proche des coûts d'investissement présentés dans la concertation. 

Pouvez-vous préciser :

  • Quels échanges ont été engagés avec J-Power ou les organismes japonais ayant exploité cette installation ?
  • Disposez-vous d'un retour d'expérience détaillé concernant les coûts de maintenance, les phénomènes de corrosion, les performances réelles et les difficultés rencontrées en exploitation ?
  • Les raisons ayant conduit au démantèlement du site ont-elles fait l'objet d'une analyse approfondie dans les études préalables du projet Tanika ?
  • Les enseignements tirés de cette expérience ont-ils conduit à des adaptations spécifiques du design de Tanika ?

La concertation gagnerait à mettre à disposition du public les principaux enseignements issus de cette expérience unique au monde à ma connaissance, compte tenu de l'apparente proximité technologique entre les deux projets.


00
Répondre
1 Réponse
Admin
(@hydro-tanika)
Inscription: Il y a 4 mois

Posts: 30

Bonjour, et merci pour votre message.

La comparaison entre STEP et batterie n’est pas qu’économique : il est nécessaire d’étudier le cycle de vie complet, allant de la conception au démantèlement. La filière batterie fait face à des enjeux majeurs tels que le recyclage, l'origine des matériaux (métaux rares) et leur traçabilité. Ces défis sont accentués dans des contextes insulaires, où la dépendance aux importations et la gestion des déchets peuvent être particulièrement complexes.

Par ailleurs, les STEP et les batteries n’offrent pas les mêmes services. Les batteries contribuent à la réserve primaire principalement et à la pointe avec capacité de stockage d'énergie limitée : entre 1 à 4 heures de stock sur quelques MW, alors que les STEP offrent un stockage à grande échelle d’électricité : plusieurs dizaines à centaines de MW sur plusieurs heures. Elles contribuent aussi à la stabilité du système et au mécanisme de pilotage de la fréquence.

 

Nos équipes ont visité l’aménagement de la STEP d’Okinawa durant sa phase d’exploitation. Les équipes de J-Power nous ont partagé leur retour d’expérience positif sur le fonctionnement et les performances de l’installation.

La STEP d’Okinawa était un projet de démonstrateur : elle a été démantelée à la fin de son programme d’essais, conformément à ce qui a été prévu, après avoir confirmé sa réussite technique. La conception de Tanika s’inspire de celle de la STEP d’Okinawa, tout en s’adaptant aux conditions du territoire réunionnais (topographie, température de l’eau, etc.).


00
Répondre
Page 1 / 7